Surpopulation carcérale. Des conditions de vie préoccupantes. Les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires malgaches ont été passées en revue lors d’une table ronde organisée dimanche à l’Université d’Antananarivo, à l’occasion du Mandela Day. Les échanges ont mis en lumière les défis persistants auxquels fait face le système carcéral malgache, tout en rappelant les principes des « Règles Mandela », les normes internationales des Nations unies relatives au traitement des personnes privées de liberté.
Placée sous le thème “Les Règles Mandela et la protection des droits des personnes privées de liberté : enjeux et perspectives africaines”, la rencontre a réuni des représentants de l’ambassade d’Afrique du Sud à Madagascar, des enseignants-chercheurs, des responsables de l’administration pénitentiaire, le directeur du Centre d’études juridiques africaines de Genève ainsi que des étudiants. L’événement a été initié par la promotion « Miaro Hasina », Master 2 professionnel en droits de l’homme de la Faculté de droit et des sciences politiques (FDSP).
Au cours des discussions, les intervenants sont revenus sur les principaux défis qui entravent le respect des droits des détenus à Madagascar. La surpopulation carcérale, les conditions de vie jugées préoccupantes dans plusieurs établissements pénitentiaires, l’accès aux soins, à l’hygiène et à des conditions de détention conformes à la dignité humaine ont notamment été évoqués. Les participants ont également relevé la nécessité de mieux faire connaître les droits des personnes privées de liberté, qui demeurent titulaires de leurs droits fondamentaux malgré leur condamnation.
Adoptées par les Nations unies, les “Règles Mandela” définissent les standards minimums pour le traitement des personnes détenues. Elles rappellent que la privation de liberté ne prive pas les détenus de leur dignité ni de leurs autres droits fondamentaux. Elles prévoient notamment un accès aux soins de santé, des conditions de vie décentes, le respect de l’hygiène, la préparation à la réinsertion sociale ainsi que l’existence de mécanismes indépendants de contrôle des lieux de détention afin de prévenir les abus.
Pour Nantenaina Ratsimbazafy, déléguée des étudiants de la promotion Miaro Hasina, ces règles constituent un référentiel pour évaluer la situation des établissements pénitentiaires. “Les Règles Mandela constituent un véritable outil d’évaluation de la situation des établissements pénitentiaires. Elles nous rappellent que la prison ne doit pas être seulement un lieu de sanction, mais aussi un espace de réinsertion et de respect de la dignité humaine. À Madagascar, beaucoup reste à faire pour garantir pleinement ces droits”, déclare-t-elle.
Les organisateurs estiment que cette table ronde a permis d’alimenter la réflexion sur les réformes susceptibles de rapprocher les pratiques nationales des principes défendus par les « Règles Mandela », dans un contexte où les conditions de détention demeurent un enjeu des droits humains à Madagascar.















