Entre honte et regrets. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, exprime les regrets de son pays face aux violences et aux mauvais traitements infligés ces dernières semaines à des migrants en Afrique du Sud. Il appelle les pays de la région à unir leurs efforts pour faire face au défi migratoire, dans son discours de clôture du 46e sommet de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). “Nous avons également exprimé nos regrets face à ce qui nous est arrivé en tant que pays”, déclare-t-il, indiquant en même temps devant les participants au Sommet “le souhait que nous travaillions tous ensemble pour relever le défi de la migration”.
Vendredi, le chef d’Etat sud-africain a déjà fait part de ses préoccupations et de sa honte “que des ressortissants d’autres pays aient été victimes, ces derniers mois, de discrimination et de mauvais traitements”. “En tant que Sud-Africains, nous sommes profondément préoccupés et avons honte que des personnes d’autres nations, dont certaines ont ici leurs dirigeants, aient été maltraitées et même contraintes de quitter le pays sous la menace de violences”, a-t-il notamment déclaré durant son discours inaugural de la conférence publique de la SADC à l’Université de Durban.
Les déclarations de Cyril Ramaphosa interviennent alors que l’Afrique du Sud est confrontée depuis plusieurs semaines à des manifestations hostiles aux migrants. Un rassemblement d’environ 300 personnes s’est encore tenu en marge du sommet de la SADC à Durban, sous étroite surveillance policière. Les protestations ont notamment conduit des dizaines de milliers d’étrangers à quitter le pays. Plus de 160 000 personnes auraient quitté l’Afrique du Sud depuis fin mai, selon des données compilées par l’AFP. Au moins quatre migrants sont morts dans les violences, selon la police sud-africaine.
Pour le président du Pays Arc-En-Ciel, les actes criminels commis par quelques individus au sein des communautés constituent une remise en cause de la solidarité sur laquelle repose la communauté d’Afrique australe. “Nous ne pouvons pas prêcher l’intégration lors des sommets et pratiquer l’exclusion dans les rues de nos pays”, a-t-il encore lancé, vendredi. Il a replacé la question migratoire dans l’histoire de l’Afrique australe, rappelant que la région est marquée depuis des millénaires par les mouvements de populations. “Nos peuples sont le produit des migrations”, a-t-il souligné, estimant que celles-ci ont contribué à la diversité, au dynamisme et à la richesse de la région.
Remerciant les États membres pour leur “solidarité et leur soutien” face à cette crise, le chef de l’État sud-africain a reconnu la complexité de la question migratoire et la difficulté à y apporter une réponse immédiate. Il a insisté sur la nécessité pour les pays d’Afrique australe de rester “cohésifs” et de “faire preuve d’unité pour relever ensemble ce défi”.















