Trois étrangers ont été blessés en Afrique du Sud quand une manifestation contre les migrants en situation irrégulière a dégénéré mercredi en violences dans une petite ville du KwaZulu-Natal, annonce la police de cette province, à l’épicentre de ce mouvement moins intense mais persistant. La campagne contre l’immigration irrégulière, lancée par des groupuscules et qui agite ce pays depuis des mois, a déjà été entachée de violences xénophobes ayant entraîné la mort de quatre étrangers, selon la police sud-africaine.
« Deux des victimes blessées reçoivent actuellement des soins médicaux à l’hôpital, tandis que la troisième n’a pas encore été localisée », précise la police à propos de ces violents incidents à Kranskop, située à 150 km de route de Durban, dans les terres. « Les premières investigations indiquent que les victimes se trouvent légalement dans le pays; toutefois, leur statut en matière d’immigration sera vérifié par le ministère de l’Intérieur », poursuit encore la police. La nationalité des victimes n’a pas été pas fournie.
Exode de plus de 176 000 personnes
Cette campagne contre l’immigration clandestine a atteint son acmé le 30 juin, l’échéance fixée par les groupuscules aux sans-papiers pour quitter l’Afrique du Sud. Les tensions et les intimidations ayant accompagné le mouvement ont poussé à l’exode plus de 176 000 personnes, selon un comptage de l’AFP établi à partir de chiffres communiqués par des gouvernements d’Etats africains ayant accueilli leurs ressortissants.
« Au moins 80 personnes » ont été arrêtées mercredi après des « pillages de commerces » en plus des violences. « La police enquête également sur des informations selon lesquelles l’une des victimes se serait fait dérober une somme d’argent », peut-on encore lire dans le communiqué.
Appel aux autorités sud-africaines
La veille, Amnesty International a appelé les autorités sud-africaines à « mettre fin à l’intimidation exercée par des groupes faisant régner leur loi et (à) enquêter sur la complicité de la police ». « L’inaction de l’Etat face à ces groupes a créé l’impression dangereuse que des personnes ont le droit de bafouer les droits d’autrui simplement en raison de leur nationalité ou de leur statut migratoire supposé », affirme la directrice de cette ONG en Afrique du Sud, Shenilla Mohamed.
« Bien que le gouvernement ait clairement indiqué qu’il ne tolérerait pas les contrôles d’identité illégaux, les actes d’intimidation et les civils s’accaparant des pouvoirs de police, de tels abus continuent de se produire. Les autorités doivent aller au-delà des simples déclarations exprimant leur inquiétude », exhorte-t-elle.
AFP















