Antananarivo, 5 Décembre, 11h53 – Une dégradation très coûteuse. La Banque mondiale rapporte que les pertes de production agricole dues à l’érosion et à la dégradation des terres s’élèvent à environ 4,1 milliards de dollars depuis l’année 2000 pour Madagascar. Ce qui correspond à une perte moyenne annuelle de 141 millions de dollars, soit l’équivalent de 5% du PIB agricole du pays, comme l’expose cette institution de Bretton Woods dans une analyse environnementale de la Grande île qu’elle a récemment publiée.
C’est une dégradation qui ne se limite pas seulement en une perte de rendement des principales cultures. Le coût économique de la dégradation des terres depuis 2000 est évalué à 6,7 milliards de dollars. La Banque mondiale parle d’une « estimation prudente » car elle ne tient compte que des pertes de production agricole, de la hausse du coût de production d’énergie due à la baisse de la disponibilité d’eau pour l’hydroélectricité, du coût éventuel du dragage des réservoirs et des coûts d’opportunités non réalisés sur le marché international. L’étiage, par exemple, réduit la capacité de production des centrales hydroélectriques de la Jirama la semaine dernière, comme c’est le cas de Sahanivotry censée produire 18 mégawatts mais qui ne produit que 9 Mw à cause du niveau de l’eau pour la faire tourner.
La Banque mondiale soutient que la gestion intégrée du paysage peut aider à inverser la dégradation des terres, ainsi qu’à restaurer les services écosystémiques et à contribuer au développement économique. Des grands investissements dans cette gestion est à prévoir, notamment dans le développement des ressources en eau pour l’irrigation et l’hydroélectricité. La promotion de la sécurisation foncière et l’amélioration du cadre règlementaire de la gestion communautaire des ressources naturelles sont également avancées par la Banque mondiale. Tout comme l’investissement dans une foresterie productive et l’augmentation des appuis pour la transition vers une cuisson plus économe et plus propre.
L’Etat estime dans le projet de loi des finances initiales 2023 que la branche Agriculture devrait afficher une croissance de 3% l’année prochaine. Ce, avec une hausse significative de la production des cultures vivrières mais surtout avec l’augmentation de la production rizicole qui pourra augmenter de 10% grâce aux surfaces agricoles aménagées et irriguées. Pour 2022, le ministère de l’Agriculture et de l’élevage estime que la production rizicole n’augmentera que de 1,1% à cause des catastrophes naturelles qui ont frappé le pays.















