DEVELOPPEMENT NUMERIQUE – Les trois membres fondateurs du Groupement des télécommunications de Madagascar (GTM) déplorent que les données transmises aux députés ne reflètent pas la réalité
Antananarivo, 4 Juin, 9h12 – Pour la deuxième fois en moins de deux mois, les trois membres fondateurs du groupement des télécommunications de Madagascar (GTM) s’entendent sur un message. Un mois et demi après le communiqué conjoint publié à l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications, ils signent ensemble une lettre adressée au directeur général de l’Autorité de régulation des technologies de communication (Artec) pour dénoncer que les données transmises aux députés ne reflètent pas la réalité.
Dans cette lettre dont nous avons pu obtenir une copie, les directeurs généraux du groupe Telma, d’Orange Madagascar et d’Airtel Madagascar, déplorent surtout que l’autorité de régulation n’ait pas réagi et rétabli la vérité face aux propos tenus par certains députés au cours de la séance de mise en place de la commission d’enquête parlementaire sur les activités des opérateurs en télécommunications. Elle est pourtant censée « faciliter le développement du secteur, le réguler et le contrôler », soulignent-ils.
Pour les opérateurs, « les tarifs existants sont loin des tarifs exorbitants dénoncés par certains parlementaires trompés et donc mal informés ». « L’Artec aurait dû rectifier les propos de cherté émis lors de la session parlementaire en communiquant les chiffres exacts », souligne la lettre dont copie a été adressée au Premier ministre, à la présidente de l’Assemblée nationale et au ministre des Postes, des télécommunications et du développement numérique.
« L’Artec dispose de toutes les données relatives aux tarifs proposés par les opérateurs, est en mesure de compiler ces données et de mettre en exergue les tarifs existants », peut-on encore lire dans la lettre. Celle-ci indique que « l’analyse des données sérieuses place au contraire Madagascar dans la moyenne des pays d’Afrique en termes de coût de l’Internet ».
Dans la même lettre, les trois opérateurs regrettent des déclarations erronées sur la couverture du pays par les réseaux 4G et 3G. Reprenant l’extrait du rapport publié par la Global system for mobile communications Association (GSMA) en 2019, les fondateurs du GTM évoquent des taux de pénétration de « 63% pour la 4G et de 77% pour la 3G » en termes de couverture des communes du pays, au lieu des 30% pour la 4G et 63% pour la 3G ainsi qu’il aurait été indiqué aux députés au cours de la séance plénière. « Ces propos inacceptables et trompeurs donnent aux députés, élus du peuple, une image négative du secteur et par ricochet une mauvaise image du pays », poursuivent-ils.
Profitant de cette lettre qu’ils ont qualifiée de « droit de réponse », les directeurs généraux d’Airtel Madagascar, d’Orange Madagascar et du groupe Telma récidivent dans la dénonciation de ce qu’ils qualifient d’inertie des autorités de tutelle. Dans la lettre adressée à l’Artec, ils vont même plus loin que dans le communiqué du 19 Mai, en parlant de « blocage volontaire » qui « stoppe depuis des mois leurs différents plans de déploiement qui prévoient d’offrir des meilleurs services voix et Internet ». Ils regrettent, entre autres, que la bande 800MHz n’ait été attribuée à aucune des trois entreprises pour le déploiement de la 4G rurale. « Il en est de même pour les fréquences nécessaires au déploiement de la 5G, droit que seuls nous trois avons également déjà payé », ajoutent-ils, très remontés.
La commission d’enquête parlementaire récemment mise en place au sein de l’Assemblée nationale entend enquêter sur les activités des opérateurs en télécommunications, mais les trois membres fondateurs du GTM ne semblent pas s’en formaliser. Ils espèrent plutôt que cette commission « permettra de mettre en lumière les différentes atteintes à leurs droits et les obstacles qu’ils rencontrent du fait des agissements des autorités ». Atteintes et obstacles qu’ils disent « contraires au principe du traitement équitable et non-discriminatoire de tous les opérateurs ».