Au moins 60 personnes, dont 15 assaillants présumés, ont été tuées dans deux attaques armées survenues dimanche dans le comté de Tonj Nord, dans l’Etat de Warrap, au nord-ouest du Soudan du Sud. Une cinquantaine de personnes ont également été blessées, selon les autorités locales. Les deux attaques, survenues simultanément vers 4 heures du matin, étaient “probablement coordonnées”, indique William Wol Mayom Bol, ministre de l’Information de l’Etat de Warrap, dans un communiqué transmis mardi à l’AFP. Des bœufs ont également été emportés lors des violences, sans qu’un bilan précis du bétail volé n’ait été communiqué.
Parmi les personnes blessées, 17 ont été transférées à Wau pour recevoir des soins. Les forces gouvernementales ont été déployées dans les zones concernées afin de rétablir l’ordre, protéger les civils et empêcher d’éventuelles représailles, selon les autorités. Le ministre de l’Information condamne les attaques et annonce des mesures pour que leurs auteurs soient poursuivis. En 2025, le président Salva Kiir avait décrété l’état d’urgence pour six mois dans l’Etat de Warrap, après une recrudescence des violences liées aux vols de bétail et aux représailles entre communautés.
Un cycle de violences récurrent
Le Soudan du Sud, indépendant du Soudan depuis 2011, est régulièrement confronté à des violences communautaires liées notamment à l’accès à l’eau et aux pâturages ainsi qu’aux vols de bétail. Ces attaques peuvent entraîner des cycles de représailles entre communautés. Début août, la cheffe de la mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), Anita Kiki Gbeho, avait alerté le Conseil de sécurité de l’ONU sur la persistance de ces violences, particulièrement dans les Etats de Warrap et des Lacs. Elle avait souligné leurs conséquences sur les populations civiles, notamment les déplacements et la perte de moyens de subsistance. Depuis le début de l’année 2026, 36 travailleurs humanitaires ont par ailleurs été tués dans le pays, selon la responsable onusienne.
Des élections toujours incertaines
Ces violences interviennent alors que le Soudan du Sud doit organiser en décembre ses premières élections, un scrutin promis depuis plusieurs années et régulièrement reporté. La situation sécuritaire fait toutefois peser des incertitudes sur la tenue du vote dans plusieurs régions. Le pays connaît notamment une intensification des affrontements entre les forces gouvernementales loyales au président Salva Kiir et des groupes armés liés à son rival politique, l’ancien vice-président Riek Machar. Les tensions politiques se superposent aux rivalités communautaires, notamment entre les Dinka, auxquels appartient Salva Kiir, et les Nuer, communauté de Riek Machar. Avec AFP















