Le Parquet national financier (PNF) français requiert le renvoi devant le tribunal correctionnel de 23 personnes physiques et morales, dans le cadre de l’enquête sur les “biens mal acquis” gabonais ouverte en France depuis 2010. Parmi les personnes mises en cause plusieurs enfants de l’ancien président gabonais Omar Bongo, la Première dame du Congo-Brazzaville Antoinette Sassou Nguesso ainsi que l’ancienne Miss France Sonia Rolland. Selon une source judiciaire citée par l’AFP, le PNF demande aussi le renvoi en correctionnelle de cinq sociétés, dont BNP Paribas et quatre sociétés immobilières. Au total, 52 biens immobiliers considérés comme acquis frauduleusement ont été saisis dans cette procédure.
L’enquête a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par l’organisation Transparency International. Les magistrats français soupçonnent que des fonds issus de détournements de fonds publics, de corruption et d’autres infractions ont servi à financer l’acquisition de biens immobiliers en France par l’entourage de l’ancien chef de l’État gabonais. D’après les éléments de l’enquête cités par l’AFP, la justice estime qu’Omar Bongo aurait remis plusieurs dizaines de millions d’euros en espèces à la société gabonaise de décoration Atelier 74 afin de financer ces acquisitions immobilières. Les fonds auraient ensuite transité par le compte bancaire français de cette société.
“Faits antérieurs à 20058”
Mis en examen depuis mai 2021, BNP Paribas est visée par une demande de renvoi pour blanchiment aggravé, notamment de faits de corruption et de détournement de fonds publics. Le parquet lui reproche d’avoir permis, entre 1996 et 2008, à la famille Bongo et à ses proches de convertir au moins 35 millions d’euros de fonds d’origine illicite en investissements immobiliers via Atelier 74. Interrogée par l’AFP, la banque conteste les accusations. “Nous contestons toute responsabilité pénale de BNP Paribas dans cette affaire. Nous défendrons ce dossier dont nous rappelons que les faits sont antérieurs à 2008”, déclare-t-elle.
Parmi les descendants d’Omar Bongo concernés figurent notamment Pascaline Bongo, ancienne directrice de cabinet de son père, ainsi qu’Ali, Jeff, Hermine, Arthur, Omar Denis Junior, Yacine Queenie, Betty et Grâce Bongo. Pascaline Bongo est notamment poursuivie pour des faits présumés de recel de détournement de fonds publics, blanchiment, corruption active et passive et abus de biens sociaux. L’avocate de Grâce Bongo Odimba dénonce auprès de l’AFP “un dossier éminemment politique” et indique que sa cliente contestera les poursuites devant le tribunal. Les avocats des autres enfants d’Omar Bongo ne s’étaient pas exprimés au moment de la diffusion de la dépêche.
“Cadeau”
Le PNF demande également le renvoi d’Antoinette Sassou Nguesso, épouse du président congolais Denis Sassou Nguesso, pour un appartement situé dans le 17ᵉ arrondissement de Paris. Selon une source proche du dossier, elle fait par ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt délivré en janvier 2026. L’ancienne Miss France 2000 Sonia Rolland est aussi concernée par la demande de renvoi. D’après les éléments de l’enquête cités par l’AFP, elle avait reçu en 2003 un appartement parisien d’Edith Bongo, épouse d’Omar Bongo, qu’elle a présenté devant le juge d’instruction comme un “cadeau”, affirmant ne pas s’être interrogée sur l’origine des fonds ayant permis son acquisition.
En France, un dispositif adopté en 2021 prévoit que les avoirs confisqués dans les affaires de “biens mal acquis” puissent être restitués au bénéfice des populations des pays concernés.
AFP















