Un des obstacles à la croissance des revenus agricoles ruraux est soulevé. La Banque mondiale estime que les exonérations de Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les importations de riz perturbent le prix perçu par les agriculteurs. C’est une disposition qui décourage ces derniers à cultiver du riz, expose cette institution financière dans son Diagnostic du revenu rural qu’elle a présenté jeudi dernier.
Bien que l’exonération de la TVA sur le riz à Madagascar soit justifiée par son statut de produit de première nécessité, son application au riz importé crée une distorsion de marché préoccupante, expose Francis Mulangu, économiste principal de la Banque mondiale. Ce paradoxe fiscal soulève une question de cohérence, selon ses explications.
D’une part, des politiques publiques ambitieuses sont annoncées pour soutenir les producteurs locaux afin d’atteindre notamment l’autosuffisance. D’autre part, l’absence de TVA sur les importations vient court-circuiter ces efforts. Pour Francis Mulangu, “cette exonération de la TVA au riz importé fait conflit aux efforts de support aux fermiers malgaches”.
La Banque mondiale préconise alors la suppression de l’exonération de TVA sur les importations de riz, en ciblant le riz de haute qualité et de spécialité. Celle-ci soutient que cette disposition devrait renforcer la compétitivité du riz local et soutenir la croissance agricole.
Selon le Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture et de l’élevage, Lambo Tiana Randriambololona, “la question de la TVA est déjà à l’étude par l’État afin d’examiner les stratégies permettant de rectifier le problème du riz à Madagascar”. Il soutient d’ailleurs que le renforcement de la productivité, l’amélioration de l’accès aux marchés et l’accroissement de la résilience des agriculteurs sont essentiels pour une croissance plus inclusive et durable.
Le projet de Loi des finances (PLFI) 2026 avait déjà prévu la retaxation de droit de douane à 20% et de Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 20% des importations des riz de luxe. Il était également proposé un éclatement tarifaire pour distinguer ces catégories et rétablir une taxation sur ces variétés haut de gamme. Mais ce projet de retaxation du riz importé avait été bloqué par la majorité des députés lors de l’examen de ce projet de loi.
La raison qui avait motivé ce blocage était que si l’on taxe le riz importé sans que la production locale ne puisse immédiatement combler le vide, le prix du riz sur le marché va grimper en flèche. Les parlementaires avaient craint que pour une population dont une grande partie vit sous le seuil de pauvreté, une hausse du prix du riz provoque des tensions sociales majeures. Des parlementaires avaient alors soutenu que la retaxation du riz importé demande une transition millimétrée pour éviter une crise de la faim le temps que les riziculteurs malgaches augmentent leurs rendements.















