Antananarivo, 06 Août, 18h15 – La Banque africaine de développement (BAD) estime que la Grande île devrait bâtir un nouveau modèle économique. Celui-cui devrait être axé sur une croissance verte et inclusive, d’après ce que suggère cette institution financière dans son rapport pays 2024 sur Madagascar.
Le modèle économique recommandé par ce partenaire de la Grande île consiste en une augmentation de la productivité agricole et au développement de chaînes de valeurs agricoles capables de se substituer aux importations de produits alimentaires. Ce modèle devrait aussi amener le pays à s’intégrer aux chaînes de valeurs mondiales et à construire des infrastructures durables notamment d’énergie et de transport. Et il devrait engager le pays dans la mise en place d’un environnement favorable pour attirer les investissements du secteur privé, et renforcer les capacités de gestion et de résilience face aux aléas climatiques, expose la BAD dans son rapport.
La BAD estime que les changements de modèles économiques opérés jusqu’à aujourd’hui « n’ont pas pu sortir le pays des trappes à pauvreté ». Elle rappelle que Madagascar avait expérimenté trois principaux modèles économiques depuis son indépendance en 1960 à ce jour, dont le modèle socialiste expérimenté sur la période 1960 à 1980. La Grande île avait ensuite mis en œuvre le modèle néolibéral avec les Politiques d’ajustement structurel (PAS) de 1981 à 2000. Le modèle que le pays a mis en œuvre depuis 2001 est axé sur un partenariat entre l’État et le secteur privé.
Comme exposé par cette institution de financement du développement en Afrique, le taux de croissance du PIB réel par habitant de Madagascar a été négatif durant trois décennies, de 1980 à 2009. La faible croissance du PIB de long terme, la forte croissance démographique et la faible performance des politiques publiques sont les principales raisons ayant conduit à cette situation. Le pays a néanmoins obtenu des gains du PIB entre 2010 et 2019. Mais ces gains ont été annihilés par la Covid-19. Une reprise économique avait ensuite été enregistrée en 2021, avec une amélioration du taux de croissance du PIB réel par habitant. Ce, avant de baisser en 2022, en raison du ralentissement de la croissance causé par les effets de chocs multiples, détaille la BAD.
La BAD fait par ailleurs remarquer que « Madagascar est le seul pays africain ne connaissant pas de conflit, mais dont le PIB par habitant diminue depuis 1960 ». Le taux de pauvreté national restait d’ailleurs élevé, en se situant à 75,2% en 2022, avec un taux qui avait même dépassé 91,2% dans le Sud et le Sud-Est, indique-t-elle.















