Antananarivo, 1er Août, 12h50 – Un taux “modéré mais significatif”. Madagascar, premier producteur mondial de vanille avec environ 65 à 80% du marché, doit désormais faire face à un tarif de 15% à l’entrée du marché américain. Les spécialistes du secteur vanille y voient un taux susceptible de redessiner les rapports de force entre producteurs.
Si Georges Geeraerts, vice-président du Conseil National de la Vanille (CNV) et président du Groupement des Exportateurs de Vanille de Madagascar (GEVM), se veut prudent quant à l’application des nouveaux tarifs sur la vanille malgache, il n’en exprime pas moins des inquiétudes sur leurs effets sur la compétitivité de la vanille malgache.
“Les choses ne sont pas encore claires car les épices ne sont peut-être pas encore inscrites officiellement dans les listes tarifaires”, confie-t-il, indiquant être en discussion avec le directeur général des douanes pour voir ce qu’il en est vraiment. Il rapporte néanmoins que les premières simulations financières laissent craindre un effet domino sur la compétitivité de la vanille malgache, déjà soumise aux caprices du marché mondial.
Le contexte est d’autant plus préoccupant que d’autres pays producteurs bénéficient de conditions plus avantageuses. L’Ouganda, en pleine expansion sur ce créneau, est taxé à seulement 10 %. Le Mexique, berceau historique de la vanille, malgré une part minime sur le marché mondiale, est pour sa part totalement exempté de taxe grâce à l’accord de libre-échange USMCA (Accord États-Unis-Mexique-Canada). À cela s’ajoute la montée en gamme de la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou des Comores, tous deux alignés sur des tarifs plus supportables malgré une faible production annuelle avoisinant les 50 à 60 tonnes, loin derrière Madagascar.
“Si la vanille est finalement imposée à 0 %, peu importe le pays d’origine, alors nous resterons compétitifs. Mais si le tarif reste à 15 % pour Madagascar, et que l’Ouganda reste à 10 %, on peut s’attendre à un déplacement progressif des acheteurs”, s’inquiète le président du GEVM. Ce désavantage tarifaire s’ajoute à une tension persistante sur les coûts de production, et à une logistique de plus en plus incertaine sur le corridor Est de l’île.
Et ce n’est pas tout. Côté textile, Madagascar est confronté à une autre source d’inquiétude. “Le Vietnam et le Cambodge, taxés à 20 % et 19 %, restent malgré tout plus compétitifs que nous en volume. Cela fragilise nos parts de marché sur le secteur de l’habillement”, ajoute-t-il.















