Antananarivo, 7 Juin, 15h36 – C’est dans les trois régions administratives que sont Anosy, Androy et Atsimo Andrefana que se trouve la plus forte concentration de pauvreté de la Grande île. 91% de la population dans cette partie Sud du pays vivent en dessous du seuil de la pauvreté, selon les estimations de la Banque mondiale, rapportées dans le document sur le Cadre de partenariat pays (CPF) 2023-2027 qui lie cette institution de Bretton Woods et Madagascar.
La Banque mondiale avance plusieurs facteurs ayant contribué à cette situation. Le sous-investissement chronique du gouvernement central a conduit cette partie de l’île à prendre du retard par rapport au reste du pays. Avec des moyens de subsistance qui se limitent principalement à l’agriculture et à la pêche, les habitants de ces régions sont vulnérables aux chocs naturels répétés. Avec une sécheresse pluriannuelle qui en a amplifié les impacts, la pandémie de COVID-19 a mis à rude épreuve les moyens de subsistance et le développement humain et a accru la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire.
Cette institution financière ajoute que « le Sud de Madagascar a été historiquement marginalisé ». L’insécurité dans la zone, associée à une présence limitée de l’État, expose les femmes et les jeunes hommes à une violence croissante. Cette zone d’environ 200 000 km2 manque largement de liaisons routières et d’infrastructures. Ces dernières années ont également vu l’émergence d’une économie de trafic centrée sur les pierres précieuses, l’or et le bétail, accompagnée d’une augmentation de la criminalité et de l’insécurité, poursuit la Banque mondiale.
Lors du Colloque régional pour l’Emergence du Grand Sud de Madagascar au mois de juin 2021, les autorités locales ont admis que le Sud du pays, constitué des régions d’Anosy et d’Androy accuse un retard de développement. Ce sont deux régions connues par la sécheresse, l’enclavement, l’insécurité, la malnutrition et le kere qui y sévissent d’une manière récurrente.
Ce colloque, qui avait été organisé à Taolagnaro à l’époque, visait à « opérer une transformation radicale du Grand Sud en identifiant les enjeux et défis à relever ainsi que les perspectives des actions prioritaires à entreprendre par région et par district en prenant en compte les aspirations profondes de la population locale, ainsi que celles des différents acteurs du développement », avait avancé la direction de la communication de la Présidence de la République.
Lors de cet évènement, le Président Andry Rajoelina avait avancé plusieurs projets, dont la mise en place de pipelines pour remédier au problème d’approvisionnement en eau potable ou encore l’amélioration des infrastructures agricoles et le secteur de l’élevage. Il avait avancé parmi ses priorités la réhabilitation des infrastructures routières, dont entre autres la RN13 ou encore la RNT12A.















