Antananarivo, 27 Avril, 11h55 – Un programme de restitution qui ne se limite pas à un transfert physique. Dans le cadre du processus de restitution d’objets et de restes humains issus de son passé colonial, la France s’engage aussi à soutenir la conservation durable du patrimoine restitué à travers la formation des agents des musées mais aussi des chercheurs.
Un programme de coopération culturelle et muséale a ainsi été signé jeudi à Anatirova entre la ministre malgache en charge de la Culture, Volamiranty Donna Mara, et son homologue française Rachida Dati, en présence du président français Emmanuel Macron. Ce programme, issu de l’accord muséal signé à Paris en octobre 2024, prévoit la formation de professionnels malgaches dans les domaines clés de la gestion muséale, de la conservation préventive, et de la valorisation patrimoniale.
Les formations prévues s’adresseront, notamment, aux agents du ministère de la Communication et de la culture, au personnel de la conservation et aux étudiants spécialisés en patrimoine et muséologie. Car la coopération, comme le souligne Emmanuel Macron, vise aussi à “permettre à nos scientifiques de travailler ensemble, et de former les équipes dans les musées et les institutions, à accueillir et à conserver les biens et les restes humains restitués”.
La signature de l’accord de coopération muséale s’inscrit dans le contexte de la restitution des crânes sakalava, dont celui présumé du Roi Toera du Menabe, prévue en août. Mais il s’agit aussi de prévoir l’accueil des autres biens à venir lorsque la France aura adopté la loi d’exception qui consisterait à restituer les objets patrimoniaux et autres oeuvres culturelles de Madagascar emportés en France durant la période coloniale, comme cela a été le cas avec le Bénin et le Sénégal. Pour l’heure, la couronne du dais de la Reine conservée à Anatirova et “restituée en 2020”, est encore prêtée par la France mais n’appartient pas légalement à Madagascar.
Photo : Ministère de la Communication et de la Culture.















