Antananarivo, 29 Août, 8h50 – 8,3 dollars par tonne. C’est l’écart entre l’utilisation de la ligne ferroviaire Tananarive-Côte est (TCE) et le recours au transport routier de marchandises. La Société financière internationale (SFI) estime dans son diagnostic du secteur privé qu’elle avait dernièrement publié que les entreprises pourraient économiser jusqu’à 3,7 millions de dollars par an, en passant du camionnage au transport ferroviaire entre la Capitale et le Grand port.
La SFI avait soutenu que « le rail peut être viable sur le plan économique et financier, à condition que les infrastructures aient bénéficié d’investissements suffisants et soient correctement entretenues ». Elle ajoute qu’« investir dans la réhabilitation du réseau ferroviaire permettrait non seulement de gagner en efficacité et mais aussi de décongestionner la seule route nationale qui relie la Capitale au port principal ».
Sur son site internet, Madarail, le concessionnaire qui exploite le réseau ferroviaire nord comprenant la ligne TCE indique avoir mis en place des plans de réhabilitation et de renouvellement des voies. Les travaux de réhabilitation consiste à remplacer l’intégralité des traverses en bois, à remettre en état la géométrie de la voie et à les conforter. Le renouvellement des voies consiste à remplacer certains éléments défectueux de la voie par des matériaux plus résistants et plus sophistiqués, précise ce concessionnaire.
Le ministre des Transports Rolland Ranjatoelina dit en tout cas être « pour le chemin de fer », qu’il confirme « plus avantageux ». « Le développement du port de Toamasina sans le transport ferroviaire risque d’ailleurs d’être une catastrophe, a-t-il soutenu. Il admet toutefois qu’investir dans le chemin de fer nécessite des moyens financiers considérables.
L’acheminement de la plupart des produits d’importation et d’exportation de Madagascar s’effectue à travers le port de Toamasina. Le volume du trafic sur la route nationale 2 (RN2), pour sa part, se chiffre à plus d’un millier de véhicules par jour et devra encore augmenter. C’est la raison pour laquelle l’Etat avance la mise en place d’une autoroute qui va relier Antananarivo et Toamasina. Le ministère de l’Economie et des finances avait déjà annoncé que c’est l’Etat qui va assurer les premiers travaux pour la construction de cette infrastructure routière, avec une enveloppe de 301 milliards d’ariary et que des partenaires financiers de la Grande île se chargeront du financement des travaux qui s’en suivront.
Pour ce qui est de la connectivité routière en général, la SFI rappelle que Madagascar a été classée 127ème sur 141 pays en 2018. Cette institution financière estime que 58% seulement de la population malgache vit dans des zones où les produits agricoles peuvent être acheminés à des prix de transport abordables, c’est-à-dire à moins de 10 dollars par tonne. Les 42% restants subissent des coûts de transport pouvant atteindre 34 dollars par tonne, freinant ainsi le commerce intérieur de ces produits, expose la SFI.















