Antananarivo, 11 Avril, 11h15 – Du chemin reste à faire. Madagascar obtient un score très faible de 11,7 sur 100 sur les cadres de soutien à l’autonomisation économique des femmes. Il s’agit précisément du score de la Grande île sur les instruments politiques conçus pour soutenir la mise en œuvre des droits légaux des femmes, comme expliqué dans la dernière édition du rapport « Les femmes, l’entreprise et le droit » ou « Women, business and the law » (WBL) 2024 récemment publiée par la Banque mondiale.
Le Women, Business and the Law 2024 identifie les obstacles à l’autonomisation économique des femmes dans trois domaines, à savoir les droits légaux des femmes, les instruments politiques conçus pour soutenir la mise en œuvre de ces droits, et la manière dont ces droits sont réalisés dans la pratique. L’étude mesure alors trois piliers, que sont les droits juridiques (structure), les cadres de soutien (processus) et les opinions d’experts sur le droit dans la pratique (résultat).
Pour ce qui est des cadres juridiques de la WBL, Madagascar a obtenu un score de 50 sur 100. Cette note obtenue par le pays est inférieure à la moyenne mondiale qui est de 64,2 sur 100 mais également en dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne qui est de 57,4 sur 100. Madagascar a toutefois obtenu un score parfait de 100 sur 100 concernant les lois affectant le montant de la pension d’une femme, selon ce rapport. C’est sur l’indicateur mesurant les lois affectant la sécurité des femmes que le pays a obtenu l’un de ses scores les plus faibles. Pour améliorer son score sur l’indicateur de sécurité, la Banque mondiale avance que Madagascar pourrait envisager d’introduire une législation sur le féminicide, d’adopter une législation complète sur le harcèlement sexuel et d’introduire une législation sur le mariage des enfants.
Le score des cadres de soutien de la WBL pour Madagascar est de 11,7 sur 100,0. Cette note est inférieure à la moyenne mondiale de 39,5 sur 100 et à la moyenne régionale de l’Afrique subsaharienne qui est de 24,5 sur 100. La Banque mondiale estime que des améliorations sont possibles pour l’ensemble des dix indicateurs tenus en compte dans ces cadres de soutien. L’institution de Bretton Woods prend pour exemple les cadres de soutien affectant les décisions des femmes de travailler sur lesquels Madagascar a obtenu l’un de ses scores les plus bas. La Banque mondiale avance alors que pour améliorer l’indicateur relatif au lieu de travail, la Grande île pourrait envisager de publier des lignes directrices sur la non-discrimination fondée sur le sexe lors du recrutement, de publier des lignes directrices sur les modalités de travail flexibles et de mettre en place un organisme spécialisé chargé de recevoir les plaintes relatives à la discrimination fondée sur le sexe dans le domaine de l’emploi.
Concernant le score des opinions d’experts de la WBL, Madagascar a eu 54,4 sur 100. Ce qui est aussi inférieur à la moyenne mondiale de 65,7 sur 100 et à la moyenne régionale de l’Afrique subsaharienne qui est de 54,6 sur 100. L’un des scores les plus faibles de Madagascar est celui de l’indicateur mesurant les avis d’experts sur la sécurité des femmes. La Banque mondiale explique cependant dans ce rapport qu’il existe une marge d’amélioration pour l’ensemble des dix indicateurs de ce pilier.
Comme expliqué par son initiateur, cette dernière édition du WBL dresse un état des lieux complet des obstacles qui empêchent les femmes d’entrer sur le marché du travail et de contribuer à une plus grande prospérité, que ce soit pour leur propre bénéfice que pour celui de leurs familles et de leurs communautés. Elle fournit notamment une analyse enrichie grâce à l’intégration de deux nouveaux aspects susceptibles d’élargir ou au contraire restreindre fortement les possibilités des femmes, dont la sécurité et la protection contre les violences de genre, d’une part, et, d’autre part, l’accès à des services de garde d’enfants.
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